Quai d’Orsay - déclarations du porte-parole - 5 novembre 2013

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait la déclaration et a répondu aux questions suivantes :

– Iran

Q – Quels seront les sujets évoqués entre L. Fabius et son homologue iranien ce soir ? Peut-on être optimiste sur la relation bilatérale ?

R – Les deux ministres feront un point de situation sur la relation bilatérale franco-iranienne et procéderont à un tour d’horizon de l’actualité internationale, dont la situation en Syrie et les négociations en cours à Genève sur le programme nucléaire iranien. Sur l’état de la relation entre la France et l’Iran, je ne la qualifierai pas. C’est une relation bilatérale, avec un certain nombre d’entretiens qui ont lieu entre les responsables de deux Etats ayant chacun des positions bien affirmées sur la scène internationale.

Q – Pourquoi M. Zarif vient-il à Paris ?

R – La rencontre de ce soir se tient à l’occasion de la visite à Paris du ministre iranien pour participer à la conférence générale de l’Unesco.

Q – Cela nourrit-il les espérances pour les discussions qui vont avoir lieu à Genève sur le dossier nucléaire ?

R - La France souhaite que l’Iran mette un terme à son programme nucléaire qui n’a pas de finalité civile crédible. Cela fait des années que l’on négocie avec l’Iran. Nous souhaitons qu’une négociation sérieuse s’engage et il semble que ce soit le cas depuis quelques semaines. Nous n’en sommes toutefois qu’au premier stade du processus. D’autres réunions doivent se tenir. Nous souhaitons que l’Iran fasse toute la transparence sur son programme nucléaire et coopère pleinement avec l’AIEA.

Q – Est-ce que vous êtes plus optimistes après la rencontre à Genève le mois dernier ?

R – Les diplomates ne sont jamais ni optimistes ni pessimistes. Ils sont mobilisés par un objectif, engagés dans une négociation, mais ne font pas de pronostic. Il faut travailler : nous sommes engagés sérieusement dans cette négociation parce que nous considérons la prolifération comme une menace pour la sécurité internationale. Et toute prolifération au Proche et Moyen-Orient, déjà très instable, est une menace contre la stabilité de cette région.

- Syrie

Q – Où en est-on de la préparation de Genève II ?

R – L’objectif que nous poursuivons, c’est la tenue le plus rapidement possible d’une conférence pour arrêter le bain de sang en Syrie et mettre en place un processus politique, avec le transfert du pouvoir à un organe de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs. Nous y travaillons activement. Deux grandes réunions vont se tenir à Genève – d’abord au niveau des membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies, puis dans un format plus large associant les Etats de la région. Le ministre des Affaires étrangères s’est également entretenu il y a quelques jours avec M. Brahimi, représentant spécial conjoint du secrétaire général des Nations unies et de la Ligue arabe. M. Brahimi s’était rendu en Egypte, en Turquie, en Jordanie, au Liban, en Irak, en Iran et en Syrie.

Q – Le ministre syrien de l’information a déclaré hier : « on n’ira pas à Genève pour remettre le pouvoir à l’opposition ». Un commentaire ?

R – L’objectif de la conférence de Genève, c’est la transition politique. C’est-à-dire le transfert du pouvoir à un organe de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs. Cet objectif est partagé par toute la communauté internationale. Il a été repris dans la seule résolution du conseil de sécurité des Nations unies sur la Syrie.

Q – Quid des deux conditions posées par Ahmad Al-Jarba : pas d’Iran à la table des négociations et un calendrier précis du transfert du pouvoir ?

R – Cela fait partie des discussions en cours. Les réunions préparatoires se tiennent à Genève avec l’ensemble des acteurs concernés, y compris les Etats de la région. Il faut se mettre d’accord sur l’ensemble des paramètres qui structureront la réunion de Genève.

Q – Quelle est la position de la France sur une éventuelle participation de l’Iran à Genève II ? Qu’allez-vous exiger ?

R – Ce n’est pas la France qui dicte les conditions du processus de Genève. Il y a des textes et un socle minimal pour engager les discussions. La base de Genève II, c’est la conférence de Genève I. Cette conférence a abouti à un texte, qui a été repris dans la seule résolution du conseil de sécurité sur la Syrie. Il doit être accepté par ceux qui préparent la conférence de Genève II. A partir du moment où l’Iran accepte Genève I, à savoir une transition politique et le transfert du pouvoir à un organe doté des pleins pouvoirs exécutifs, il n’y a aucune raison de l’exclure du processus de Genève II.

Q – Qui s’occupe de préparer les invitations pour Genève II ?

R – C’est M. Brahimi qui est en charge de l’organisation de ce processus. Il est le représentant spécial conjoint du secrétaire général des Nations unies et de la Ligue arabe.

Q – Mais ce n’est pas lui qui va décider de la participation de tel ou tel pays…

R – Les discussions sont en cours à Genève. La question des participants sera sans doute abordée.

Q – Concernant l’Iran, vous allez être en contradiction avec la Coalition sur cette question…

R – M. Al Jarba est un acteur du processus politique. Quant à nous, nous sommes des facilitateurs et participons au processus parce que nous sommes attachés à la solution politique en Syrie. Le président de la République a indiqué que l’Iran pourrait participer à ce processus si sa contribution était utile et s’il adhérait à Genève I.

Q – Pour l’Arabie Saoudite, un signe de bonne volonté de Téhéran, ce serait le départ des troupes iraniennes et du Hezbollah qui combattent en Syrie…

R – Je n’ai pas de commentaire à faire sur les positions de l’Arabie Saoudite. Je rappelle la position exprimée récemment par M. Laurent Fabius à Londres : la conférence de Genève est indispensable et doit se tenir le plus rapidement possible pour mettre un terme au bain de sang en Syrie.

Q – On parle toujours de transition politique, mais il y a quand même 30 à 50 000 djihadistes sur le terrain. Est-ce qu’il ne faudrait pas une intervention militaire pour s’en débarrasser ?

R – La France condamne l’action des groupes terroristes qui agissent en Syrie, qu’elle ne considère pas comme des acteurs politiques faisant partie du processus politique. Notre interlocuteur, c’est la Coalition nationale syrienne. Elle incarne la Syrie de demain, démocratique et respectueuse de toutes les communautés. Elle constitue pour nous l’interlocuteur politique légitime. Les groupes terroristes que vous évoquez agissent en réalité en complémentarité avec Bachar Al-Assad. Nous les avons condamnés, à la fois à titre national mais aussi dans les enceintes internationales compétentes. Il n’y a pas de place pour eux dans la Syrie de demain.

Q – Sur la question des armes chimiques, quelle va être la contribution de la France à la mission de l’OIAC ?

R – Nous avons mis nos meilleurs experts à la disposition de l’OIAC, organisation que nous soutenons et au budget de laquelle nous participons, à la fois à titre bilatéral et européen. L’Union européenne est le plus gros contributeur financier à son fonctionnement.

Dernière modification, le 06/11/2013

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