
| Haaretz (Le pays) Eini et Ben Eliezer ont proclamé la fin de l’ère Ehud Barak au parti travailliste | The Jerusalem Post | |||
| Maariv (Le soir)
| Yediot aharonot
(Les dernières nouvelles) |
INTERIEUR
« Pourquoi prendre une Philippine ? Il faut vraiment être une andouille » / Maya Bengal – Maariv
C’était une embuscade soigneusement préparée. A six heures et demie hier soir, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi, Binyamin Ben Eliezer, faisait savoir aux militants réunis à Kfar Hamakabia qu’il n’a l’intention de soutenir aucun des candidats à la présidence du parti travailliste, y compris Ehud Barak. Le dirigeant qu’il faut, a-t-il déclaré, viendra probablement de l’extérieur du parti. Une heure plus tard, c’était au tour d’Ofer Eini, le président de la centrale syndicale Histadrout d’être face aux caméras de télévision. « Il faut vraiment être une andouille pour prendre une employée de maison philippine », a-t-il déclaré à propos du ministre de la Défense avant d’ajouter : « Le parti travailliste a besoin d’un véritable dirigeant ». Ces propos semblables, prononcés à une heure d’intervalle, ont un seul objectif : faire du ministre de la Défense un canard boiteux pour pouvoir le démettre de ses fonctions au moment qui conviendra à Eini et Ben Eliezer, qui sont les deux véritables dirigeants du parti travailliste aujourd’hui.
En effet, même si officiellement ils ne le président pas, Binyamin Ben Eliezer et Ofer Eini contrôlent aujourd’hui le parti travailliste. Eini, qui a ouvert à Ehud Barak la voie qui mène à la présidence du parti, a le soutien des syndicalistes de la Histadrout qui sont membres des institutions du parti travailliste. Ben Eliezer a derrière lui les adhérents de la communauté arabe et les secrétaires des sections locales. Sans le soutien de ces deux hommes, aucun candidat ne peut être élu à la présidence du parti, personne ne peut avancer la date des élections primaires et nul ne peut faire sortir le parti travailliste du gouvernement.
« Je n’ai pas l’intention d’être candidat à la présidence du parti travailliste et je ne souhaite pas non plus assurer l’intérim à ce poste. Mais je n’ai pas l’intention non plus de soutenir aucun des candidats », a déclaré hier Binyamin Ben Eliezer. « Le moment venu, une fois que nous aurons travaillé dur plutôt que d’essayer de prendre le parti en otage, nous saurons choisir le dirigeant qu’il faut et il est possible que celui-ci n’appartient pas aujourd’hui au parti ». Cette démarche de Ben Eliezer est destinée à déjouer une rébellion dans l’immédiat. « Ben Eliezer et Eini ont décidé que Barak serait destitué, mais pas pour être remplacé par Braverman ou Herzog », affirmaient hier des responsables travaillistes.
Ofer Eini s’en est pris à Ehud Barak dans une interview à la deuxième chaîne : « Ce qui caractérise Barak est qu’il n’y a pas une seule erreur qu’il ne commette pas. Vous êtes membre du gouvernement, pourquoi prendre une Philippine ? Employez une Israélienne. Vous devez servir d’exemple. Comment dire ? Il faut être une andouille pour agir ainsi… Vous savez que c’est illégal mais vous espérez ne pas vous faire prendre ? Eh bien, on l’a pris. Et quand vous vous faites prendre, payez l’amende et finissez-en ».
Interrogé sur son soutien éventuel à une procédure de destitution d’Ehud Barak, Ofer Eini a rejoint Binyamin Ben Eliezer : « Pour se relever et progresser, le parti travailliste a besoin d’un véritable dirigeant. Il y a au sein du parti des gens valables mais je ne pense pas que cela suffira pour aller de l’avant ».
Binyamin Ben Eliezer n’a pas indiqué qui serait ce candidat extérieur au parti, mais dans son entourage on affirme qu’il s’agit d’un autre rival d’Ehud Barak, le chef d’état-major sortant Gaby Ashkenazi. Légalement, celui-ci ne pourra pas être élu député pendant les trois ans qui suivront son départ de l’armée, mais les proches de Ben Eliezer affirment : « Ashkenazi peut être président du parti et ministre même sans être députe ». Ofer Eini lui-même est évoqué comme un possible candidat même si, pour l’heure, il affirme ne pas être intéressé par le poste.
ISRAEL - PALESTINIENS
Tsahal a éliminé un activiste proche d’al-Qaïda dans la bande de Gaza / Avi Issacharof et Anshel Pfeffer – Haaretz
Après de longs mois, Israël a repris hier les éliminations ciblées. Les services de sécurité ont confirmé hier qu’ils étaient à l’origine de l’attaque dans laquelle a été tué un responsable important de l’Armée de l’Islam, une organisation proche d’al-Qaïda. Le communiqué du Shabak n’a été publié qu’hier dans la soirée après que dans la journée plusieurs hypothèses avaient été évoquées quant aux circonstances de l’explosion.
Muhammad Namnam circulait hier vers midi à bord de sa voiture dans le quartier de Rimal lorsque le véhicule a explosé, tuant Namnam sur le coup. Muhammad Namnam était considéré comme le bras droit de Mumtaz Durmush, le commandant de l’Armée de l’Islam, une organisation qui était impliquée notamment dans l’enlèvement de Guilad Shalit en juin 2006. Trois passants ont été blessés par l’explosion.
L’Armée de l’Islam appartient au courant fondamentaliste radical et a adopté de nombreux principes qui rappellent les organisations du jihad mondial telles qu’al-Qaïda. Les militants de l’organisation s’habillent d’ailleurs comme les activistes d’al-Qaïda.
Depuis la fin de l’opération Plomb Durci, les raids de Tsahal dans la bande de Gaza visent des tireurs de roquettes, des tunnels, des ateliers de fabrication d’armes et des arsenaux. C’est seulement la deuxième fois depuis l’opération qu’un activiste est ciblé et éliminé.
DIPLOMATIE
Ouvert à toutes les propositions / Eli Berdenstein et Arik Bender – Maariv
Le Premier ministre Netanyahu partira la semaine prochaine pour les Etats-Unis où il espère recevoir des Américains une nouvelle proposition qui permettra la reprise des pourparlers directs entre Israël et les Palestiniens. Netanyahu espère que cette nouvelle offre américaine lui sera présentée lors de sa rencontre avec la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton. « Netanyahu n’a pas l’intention de prendre de décision ou d’accepter l’offre américaine. Il veut entendre ce qu’ils ont à proposer », ont déclaré hier des responsables israéliens.
Selon ces responsables, Israël et les Etats-Unis ont mené ces dernières semaines des contacts en vue de l’élaboration d’une nouvelle offre, au lieu de celle qu’a rejetée Netanyahu il y a un mois. Il s’agirait, d’une part, de geler d’une certaine manière la construction et, de l’autre d’obtenir des Américains diverses garanties, politiques et militaires.
Quant à la politique étrangère américaine après les élections au Congrès, les responsables israéliens affirment : « La bataille vient de se terminer et il est difficile de savoir ce qui va se passer. Mais on estime que la politique étrangère ne changera pas de même que les pressions qui sont exercées pour qu’Israël reprennent le processus diplomatique. La volonté du président Obama d’instaurer la paix au Proche-Orient restera la même ».
Quoi qu’il en soit, ont déclaré des responsables israéliens, « un président américain faible ou affaibli n’est pas une bonne chose pour Israël qui est un des alliés des Etats-Unis ».
Tension entre Israël et l’UNESCO à cause d’une erreur du ministère des Affaires étrangères / Barak Ravid – Haaretz
Les relations entre Israël et l’UNESCO sont tendues depuis une semaine après les cinq décisions anti-israéliennes adoptées le 20 octobre par le conseil exécutif de l’organisation. Cette tension s’est encore exacerbée hier à cause d’un communiqué erroné qu’a publié la porte-parole du vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon.
M. Ayalon répondait hier à la Knesset à la proposition d’ordre du jour de plusieurs députés de droite suite à la décision de l’UNESCO qui condamne l’inclusion du Tombeau de Rachel à Bethléem dans la liste des sites du patrimoine national établie par le gouvernement. Lors de la réunion du conseil exécutif de l’UNESCO ont été adoptées cinq décisions anti-israéliennes : concernant l’inscription du Tombeau de Rachel et du Caveau des patriarches au patrimoine national ; concernant les travaux à la porte des Maghrébins dans la vieille ville de Jérusalem ; concernant la situation dans la bande de Gaza ; concernant la situation culturelle en Cisjordanie et concernant Jérusalem-est. Ces décisions n’ont pas d’implications pratiques au-delà de l’envoi d’un représentant de l’UNESCO pour examiner la situation à Jérusalem-est.
Contrairement à ce qui se fait habituellement, ces décisions n’ont pas été adoptées par consensus mais ont été imposées à Israël. Lors d’une réunion hier au ministère des Affaires étrangères, il a été décidé de ne pas coopérer avec ces décisions et M. Ayalon a informé hier la Knesset de ces décisions : « Nous avons décidé de suspendre la coopération avec l’UNESCO dans ces domaines, y compris en ce qui concerne des décisions précédentes ».
Malgré ces propos, le communiqué publié par la porte-parole du vice-ministre des Affaires étrangères affirmait lui qu’Israël « suspendra sa coopération avec l’organisation jusqu’à l’annulation de cette décision scandaleuse ».
La presse, en Israël et dans le monde, a alors repris ce communiqué selon lequel M. Ayalon aurait annoncé la suspension de toutes les relations avec l’UNESCO, ce qui a accentué encore la tension entre Israël et l’organisation. Après quelques minutes, les collaborateurs du vice-ministre des Affaires étrangères, réalisant l’erreur qui avait été commise, ont clarifié que les relations avec l’UNESCO n’ont pas été suspendues, mais qu’il a été décidé de ne pas coopérer avec les cinq décisions du 20 octobre./.