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ISRAËL - PALESTINIENS
L’échec de l’opération de Tsahal provoque un imbroglio international / Amos Harel et Barak Ravid – Haaretz)
L’opération menée par Tsahal et destinée à intercepter le convoi d’aide à la bande de Gaza a connu hier de grave complications et a entraîné de vives critiques sur la scène internationale. Lors de l’assaut lancé par les commandos marins contre l’un des six bateaux du convoi, le navire turc Marmara, ont été tués neuf militants étrangers et plusieurs dizaines ont été blessés. Dix soldats ont été blessés dont un grièvement. La Turquie a annoncé hier le rappel de son ambassadeur à Tel-Aviv et dans plusieurs pays les ambassadeurs d’Israël ont été convoqués pour fournir des éclaircissements.
Suite à cette crise, le Premier ministre Binyamin Netanyahu rentrera ce matin en Israël, après avoir annulé sa rencontre avec le président américain, Barack Obama, qui devait se tenir aujourd’hui à la Maison Blanche. Le Premier ministre réunira cet après-midi le cabinet restreint de sécurité pour débattre des conséquences de l’opération.
Tsahal a ouvert hier une enquête sur les circonstances de l’échec, même si officiellement l’armée ne qualifie pas l’opération comme telle. Le ministre de la Défense, le chef d’état-major et le commandant de la marine ont affirmé hier que les soldats se sont heurtés à une extrême violence de la part des militants et ont justifié la décision des commandants sur le terrain d’ouvrir le feu pour protéger les soldats qui étaient menacés de lynchage.
Un des points essentiels de l’enquête portera sur les préparatifs des commandos en vue de l’opération. Selon les premiers témoignages, il semble que Tsahal ait sous-estimé les intentions des militants à bord du bateau, les moyens dont ils disposaient et leur disposition à user de la violence. Alors que la prise de contrôle des cinq autres embarcations s’est déroulée sans encombre, les soldats qui descendaient d’hélicoptère à l’aide d’une corde ont été attaqués à coups de matraques et de bâtons à leur arrivée sur le pont du Marmara. Un des soldats a été jeté du pont supérieur et a été gravement blessé. Deux autres ont été blessés par balles, à partir semble-t-il d’armes prises aux soldats au cours de la lutte.
Des membres du gouvernement ont critiqué hier le fait que la décision de donner l’assaut ait été prise après deux réunions du « Forum des sept », sans avoir été débattue par le cabinet restreint de sécurité qui est l’instance compétente pour approuver des opérations militaires de cette ampleur. « Les ministres qui ont participé à la réunion n’ont pas eu l’impression, en entendant les responsables militaires, qu’un affrontement aussi violent risquait de se déclarer. Le sentiment était que la marine arriverait sur les lieux et que les organisateurs du convoi prendraient peur et feraient demi-tour », a déclaré un haut fonctionnaire.
A présent, les responsables militaires craignent les conséquences politiques et militaires de l’incident et se préparent à des représailles sous forme d’attentats qui viseraient des Israéliens à l’étranger.
Les organisateurs du convoi ont annoncé hier que deux autres bateaux partiraient aujourd’hui et Tsahal se prépare à les empêcher d’atteindre la bande de Gaza.
Le ministre de la Défense, Ehud Barak, s’est entretenu hier au téléphone avec de hauts responsables américains parmi lesquels la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, et le conseiller pour la sécurité nationale, James Jones. M. Barak leur a indiqué que les soldats « se sont défendus. Nous déplorons les victimes mais la responsabilité incombe entièrement à ceux qui ont organisé le convoi et ont usé de la violence ».
Le président américain, Barack Obama, a réclamé hier d’Israël qu’il enquête sur les événements et a souligné l’importance qu’il y a à « examiner au plus tôt l’ensemble des faits et des circonstances de ces événements tragiques »./.