
| Haaretz (Le pays) Un nouvel arrêt de la Cour suprême permet d’expulser plusieurs dizaines de familles supplémentaires de Sheikh Jarah | The Jerusalem Post | |||
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ISRAEL - PALESTINIENS
Netanyahu désapprouve la proposition américaine de prolonger le gel en échange de garanties concernant des questions fondamentales / Barak Ravid et Avi Issacharof – Haaretz
L’émissaire américain George Mitchell viendra aujourd’hui en Israël pour poursuivre les contacts avec le Premier ministre Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmud Abbas (Abou Mazen), et résoudre la crise autour du gel de la construction. M. Mitchell s’entretiendra demain avec le Premier ministre de la proposition américaine selon laquelle, en échange d’une prorogation de quelques mois du gel de la construction en Cisjordanie, les Etats-Unis accorderaient à Israël des garanties concernant la solution de certaines questions fondamentales dans le cadre de l’accord permanent. Pour l’heure, M. Netanyahu désapprouve la proposition américaine.
Le secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, qui s’est entretenue hier à deux reprises avec le Premier ministre Netanyahu, a évoqué cette proposition. Selon un responsable israélien, M. Netanyahu s’est montré peu enthousiaste et n’a pas donné de réponse. Selon un diplomate européen, le Premier ministre a indiqué aux Américains que le maximum qu’il puisse accepter est la poursuite de la construction uniquement dans les grands blocs de colonies ainsi que la construction des deux milles logements qui ont d’ores et déjà obtenu toutes les autorisations nécessaire et qui, pour la plupart, sont eux aussi situés dans les grands blocs. Cette position est à l’heure actuelle rejetée par Abou Mazen qui réclame un gel total de la construction.
Abou Mazen a déclaré hier à Paris que la décision de quitter les pourparlers ne serait pas prise hâtivement. Selon lui, la décision finale à ce sujet sera prise le 4 octobre, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du comité de suivi de l’initiative de paix de la Ligue arabe. Le président de l’Autorité palestinienne a quant à lui réclamé qu’Israël prolonge le gel de la construction de trois ou quatre mois.
L’émissaire du Premier ministre Netanyahu, Yitzhak Molho, s’est entretenu hier à Washington avec George Mitchell et d’autres responsables américains. Ces derniers ont également rencontré le chef de l’équipe palestinienne de négociation, Saëb Erekat. L’émissaire du Quartette, Tony Blair, s’est lui entretenu avec le Premier ministre Netanyahu, pour la deuxième fois en quelques jours.
Abou Mazen s’est entretenu hier à Paris avec le président français, Nicolas Sarkozy. Ce dernier a dit vouloir réunir un sommet à Paris, à la mi-octobre, auquel seront conviés Abou Mazen, Binyamin Netanyahu et le président égyptien, Hosni Moubarak. M. Sarkozy a téléphoné hier au Premier ministre Netanyahu pour l’inviter à ce sommet. Selon un diplomate français de haut rang, la démarche du président Sarkozy se fait en concertation avec les Etats-Unis.
Hier, la communauté internationale a accentué sa pression sur Israël afin qu’il prolonge le gel de la construction. Le gouvernement américain a fait part de sa déception suite à la reprise de la construction et le porte-parole du Département d’Etat a indiqué que, malgré cela, le gouvernement américain poursuivrait ses efforts pour empêcher l’échec des pourparlers. Le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, qui rencontrait hier à New York le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, s’est lui aussi dit déçu de la reprise de la construction. Une déception partagée par la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Catherine Ashton.
Le vice-premier ministre, Sylvan Shalom, qui était hier en déplacement à Hébron, a déclaré que les dix mois de gel de la construction avaient été « trop longs ». « J’espère que les pourparlers avec les Palestiniens se poursuivront. Si les Palestiniens interrompent les pourparlers à cause de la reprise de la construction, cela prouvera que, dès le départ, ils n’étaient pas sérieux », a-t-il affirmé.
Ehud Barak : La construction ne doit pas mettre un terme aux pourparlers / Alex Fishman – Yediot Aharonot
« Le gel a en réalité des aspects symboliques. Il n’y a aucune nouvelle expropriation et, par conséquent, rien de ce que nous faisons dans le domaine de la construction ne devrait nous empêcher de parvenir à un accord avec les Palestiniens », a déclaré hier le ministre de la Défense, Ehud Barak, au Yediot Aharonot.
« Après quarante-trois ans, tout ce que nous avons construit ne couvre même pas 2 % de la Cisjordanie. Ce n’est donc pas cela qui devrait véritablement freiner les négociations. Cela dit, les symboles sont importants pour les deux camps et il faut les prendre en compte. Il faut surmonter cet obstacle de la fin du gel et se focaliser sur la poursuite des pourparlers. C’est la chose la plus importante que nous ayons actuellement à faire », a ajouté M. Barak.
Un nouvel arrêt de la Cour suprême permet d’expulser des dizaines de familles supplémentaires de Sheikh Jarah / Nir Hasson – Haaretz
Un nouvel arrêt de la Cour suprême offre la possibilité à des associations représentants des colons de prendre possession de dizaines de maisons supplémentaires du quarter de Sheikh Jarah, à Jérusalem-est. Dans la décision rendue avant-hier, les juges Yoram Dantziger, Miriam Naor et Esther Hayut, ont rejeté à l’unanimité l’appel de Palestiniens qui revendiquaient la propriété d’un large terrain dans l’ouest du quartier, un secteur qui jusqu’ici n’était pas au centre de la lutte politique qui se déroule dans le quartier. Les magistrats ont établi que l’Administrateur général des biens ainsi que d’autres organismes, dont les représentants des colons, ont pu prouver qu’ils étaient les propriétaires du terrain. Cette décision signifie que des organisations de droite pourront entamer des procédures visant à expulser les dizaines de familles qui vivent sur le site et y promouvoir des projets de construction.
Sheikh Jarah fait depuis un an l’actualité, suite à la lutte de mouvements de gauche israélo-palestiniens contre la « judaïsation » du quartier. Jusque là cependant cette lutte concernait principalement sur la partie orientale du quartier d’où ont d’ores et déjà été expulsées trois familles tandis que vingt-cinq familles supplémentaires sont menacées d’expulsion.
Comme la partie orientale, la partie occidentale du quartier appartenaient à des propriétaires juifs et, de la fin du 19ème siècle à la guerre d’Indépendance, était habitée par des familles juives. Après la conquête de Jérusalem-est par la Jordanie, les biens immobiliers ont été placés sous le contrôle de l’Administrateur des biens ennemis. Les Jordaniens ont loué les maisons à des familles palestiniennes qui, pour la plupart, y habitent encore de nos jours. Après la guerre des Six Jours, l’Administrateur général de biens du gouvernement israélien a pris possession des maisons et des terrains. Depuis, l’Administrateur a restitué certains des biens aux héritiers des familles juives qui vivaient dans le quartier. D’autres biens ont été vendus, par l’Administrateur ou par ces héritiers, à des organisations proches des colons.
En 1997, deux organismes palestiniens se sont portés devant le tribunal affirmant que les terrains où se sont installés les Juifs au 19ème siècle ne leur avaient pas été vendus mais loués et que les Palestiniens en étaient restés les propriétaires. En 2006, le tribunal de district de Jérusalem avait rejeté la requête des organisations palestiniennes et avant-hier, la Cour suprême a rejeté leur appel./.