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INTERIEUR
Plus de cent mille ultra-orthodoxes ont participé aux manifestations contre le système légal / Yaïr Ettinger – Haaretz
C’était la protestation d’une communauté, mais on aurait dit la protestation de tout un peuple. Cent mille personnes selon la police, deux cent mille selon les organisateurs, quelle importance ? La marée humaine a inondé pendant de longues heures de nombreux quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem. Cette foule était constituée presque exclusivement d’hommes adultes, presque sans femmes, personnes âgées ou enfants. Les manifestants, qui représentaient certainement plusieurs centaines de milliers d’ultra-orthodoxes se sont unis, chose rare, pour protester de manière démocratique, dans un ordre remarquable. Contrairement aux prévisions de la police avant-hier, les manifestations se sont faites sans violence, même si on y a crié le plus fort possible contre le pouvoir de la loi et pour celui des rabbins.
Cette longue journée de manifestations s’est terminée hier soir après neuf heures, lorsque les autobus sur lesquels on pouvait lire « Les prisonniers d’Imanuel sont les émissaires du peuple d’Israël » ont franchi, escortés par la police, les portes de la maison d’arrêt de Maassiyahu. Les dizaines de passagers de ces autobus ont commencé à purger la peine de deux semaines de prison à laquelle ils ont été condamnés pour avoir violé la décision de la Cour suprême qui avait ordonné l’intégration de la « section hassidique » à la section générale de l’école pour filles d’Imanuel.
Deux des pères d’élèves ne se sont pas présentés hier à la police, de même que les mères de filles scolarisées dans la « sections hassidique ». La police a l’intention de demander au tribunal de paix de Jérusalem d’émettre des mandats d’arrêt contre les parents qui ne se sont pas présentés.
ISRAELIENS - PALESTINIENS
Le cabinet a approuvé une série d’allègements du blocus de Gaza / Amit Cohen, Eli Berdenstein et agences de presse – Maariv
Après presque quatre ans de blocus, Israël a autorisé hier à faire entrer dans la bande de Gaza tous les types d’aliments, sans exception. Cette décision, prise par le cabinet restreint de sécurité, a été appliquée par le Coordonnateur des opérations de gouvernement dans les territoires, le général Eitan Dangot, qui en a informé les Palestiniens.
Le cabinet a également décidé d’établir une liste de tous les produits et matériaux qui seront interdits d’importation dans la bande de Gaza. Il a également été décidé d’accroître la quantité de matériaux de construction destinés aux projets de l’ONU et de pays européens à Gaza.
Le problème des points de passage n’a lui pas encore été résolu. En Israël on attend de voir si la communauté internationale parviendra à un accord avec l’Autorité palestinienne, le Hamas et l’Egypte quant aux dispositifs de sécurité aux points de passage, l’une des possibilités étant qu’une force internationale y contrôle la circulation. En Israël on essaie aussi d’exploiter la pression exercée en faveur d’allègements du blocus pour faire avancer la question de la libération de Guilad Shalit ou, du moins, pour obtenir qu’un organisme international puisse rendre visite au soldat enlevé.
Cette décision d’alléger le blocus fait partie des efforts israéliens pour calmer la tempête diplomatique. Et en effet, la communauté internationale a réagi avec satisfaction : « Le secrétaire général est réconforté par le fait qu’Israël réexamine sa politique vis-à-vis de la bande de Gaza », a déclaré Martin Nesirky, porte-parole du secrétaire général des Nations-Unies.
Entre temps, il semble que la situation ne cesse d’empirer sur le front des relations avec la Turquie, les conditions exigeantes que pose la Turquie en échange du retour d’un ambassadeur en Israël réduisant les chances d’apaisement. Un officiel turc a déclaré hier que son pays réclame tout d’abord qu’Israël présente des excuses officielles pour les événements de la flottille, sans quoi il n’y aura pas de nouvel ambassadeur en remplacement de celui qui a été rappelé suite aux événements.
La Turquie réclame aussi qu’Israël lui restitue les bateaux de la flottille qui ont été confisqués, accepte une enquête internationale et dédommage les familles des victimes.
Le journal turc Hürriyet affirme cependant que le gouvernement turc compte peser prudemment les mesures contre Israël et les dommages que celles-ci pourraient causer. « Il est facile de détruire des relations, il est difficile de la reconstruire », ont déclaré des diplomates turcs au journal, ajoutant qu’une des options envisagées est l’abaissement du niveau de représentation diplomatique.
Le plan de Nir Barkat pour la démolition de maisons à Silwan va être voté / Nir Hasson – Haaretz
La commission locale de planification et de construction de Jérusalem devra se prononcer lundi prochain sur le plan controversé du maire, Nir Barkat, pour le développement du quartier de Silwan, dans l’est de la ville. Barkat, qui a présenté ce plan en mars dernier, s’est engagé, à la demande du Premier ministre Netanyahu, à reporter sa réalisation pour poursuivre les négociations avec les riverains palestiniens et tenter d’obtenir leur accord. Malgré cela, les représentants des riverains affirment qu’il n’y a presque pas eu de réunions avec les responsables de la mairie sur ce sujet.
L’essentiel du plan consiste en la création d’un parc archéologique touristique sur un site surnommé al-Bustan où ont été bâties quatre-vingt-huit maisons sans permis de construire. Le plan prévoit la démolition de vingt-deux de ses maisons dont les habitants seront relogés dans une autre partie du quartier. Les Palestiniens, de même que la communauté internationale, ont rejeté ce plan et ont présenté leur propre projet qui ne comprend pas la démolition de maisons. Les représentants de la mairie ont cependant refusé de négocier avec les riverains sur la base de ce deuxième plan et lundi, c’est le plan original de la mairie, sans le moindre changement, qui sera soumis au vote de la commission.
« Ce plan nous ramènera des années en arrière, les Palestiniens ne l’accepteront pas. Il serait dommage que pour un plan virtuel nous payions un prix aussi cher quant à nos relations avec les Palestiniens », a déclaré hier l’adjoint au maire Yossef (Pepe) Alalo du parti Méretz.
Dans l’entourage de Nir Barkat on souligne que ce plan adopte une attitude révolutionnaire vis-à-vis des maisons construites illégalement par les Palestiniens puisque qu’il légalise soixante-six de ses maisons et permet à leurs habitants de les inscrire au cadastre. L’autre option, explique-t-on à la mairie de Jérusalem, serait de détruire l’ensemble des quatre-vingt-huit maisons, comme l’a ordonné le tribunal.
Netanyahu a renouvelé le mandat de Hagaï Hadas, l’émissaire spécial chargé des contacts en vue de la libération de Guilad Shalit, jusqu’en juin 2011 / Barak Ravid – Haaretz
Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a décidé de proroger d’un an supplémentaire le mandat de Hagaï Hadas au poste d’émissaire spécial chargé des contacts en vue de la libération du soldat enlevé Guilad Shalit. Selon le nouveau contrat établi avec Hadas, celui-ci recevra de l’Etat près de 335 000 shekels en échange de ses services.
Contrairement à l’émissaire précédent, Ofer Dékel, qui s’occupait du dossier Shalit bénévolement sous le gouvernement Olmert, le Premier ministre Netanyahu a décidé que le nouvel émissaire serait rétribué dans le cadre d’un contrat avec l’Etat.
Le bureau du Premier ministre a fait savoir que les contacts sur la libération de Guilad Shalit se poursuivent en permanence, même si cela n’est pas toujours répercuté dans les médias. En outre, Hagaï Hadas, n’a pas d’autre occupation que son poste d’émissaire spécial : « Le Premier ministre a demandé à Hagaï Hadas et à l’ensemble des responsables des services de sécurité de tout faire pour ramener Guilad Shalit à sa famille et à son peuple, quel que soit le nombre d’heures de travail nécessaires »./.