
| Haaretz (Le pays) Les colons reprendront aujourd’hui la construction ; Mahmud Abbas : « Une solution à la crise peut être trouvée » | The Jerusalem Post | |||
| Maariv (Le soir)
| Yediot aharonot
(Les dernières nouvelles) |
ISRAEL - PALESTINIENS
De plein-pied / Amihaï Attali – Maariv
Dix mois qu’ils attendaient cette image, celles du béton coulé pour servir de fondation à un nouveau bâtiment, construit légalement, dans une petite colonie de Cisjordanie. Cela fait bien longtemps que les entrepreneurs en bâtiment ne s’étaient pas sentis autant désirés par les deux mille familles qui souhaitent impatiemment quitter les préfabriqués où elles vivent. Mais même si depuis hier à minuit, les colons peuvent reprendre les travaux, on ne s’attend pas à voir les bulldozers sillonner la Cisjordanie.
11 heures : Les appels au calme et à la discrétion lancés par le bureau du Premier ministre sont parvenus jusqu’au chef du groupe parlementaire Likoud, Zéev Elkin, qui accueillait hier matin les dirigeants du Conseil de Judée et Samarie, chez lui dans la colonie de Kfar Eldad, où il attend lui aussi de pouvoir construire sa maison. Et ainsi, au lieu des toasts qui devaient être portés, on a surtout entendu des déclarations modérées : « La vie en Cisjordanie reprendra son cours normal », a dit M. Elkin. « Ce n’est pas le moment de fêter. Nous allons reprendre la construction, mais sans faire de provocation, car c’est le travail que nous avons décidé d’accomplir », a déclaré le président du Conseil de Judée et Samarie, Danny Dayan.
17 heures : Quatre-vingt autocars ont été mobilisés pour la véritable démonstration de force. Le député Likoud Danny Danon, qui préside aussi l’organisation mondiale du Likoud, est parvenu à les remplir de militants enthousiastes, afin de signifier au Premier ministre ce qu’est la véritable « voie du Likoud ». « L’Etat d’Israël tout entier dit aujourd’hui aux colons : Nous vous saluons et vous demandons pardon », a-t-il déclaré.
Puis, les centaines de personnes présentes ont commencé le compte à rebours, qui s’affichait sur un écran géant, avant un lâcher de ballons. Mais la réalité est plus complexe.
Dans les jours qui précédaient le gel, tout le monde s’était empressé de construire jour et nuit. Or la nuit dernière, personne n’a installé de projecteurs pour éclairer les terrains à construire et aider les pelleteuses. Mais à partir d’aujourd’hui, on verra des gens construire : Les particuliers qui ont acheté des terrains et ont déjà obtenu toutes les autorisations nécessaires ont l’intention de commencer à bâtir leur maison dès ce matin. Certains entrepreneurs, qui ont acheté des terrains pour y bâtir de grands immeubles, commenceront eux aussi à construire le plus vite possible pour arrêter de perdre de l’argent et dans l’espoir d’éviter un nouveau gel. D’autres entrepreneurs, en revanche, surtout ceux qui ne vivent pas en Cisjordanie, préfèrent attendre. « Je ne suis pas pressé de commencer à construire avant la fin de la fête. Nous avons attendu dix mois et je préfère patienter encore quelques jours pour voir comment la situation évolue », a déclaré l’un d’entre eux.
Abou Mazen : Je n’abandonnerai pas les pourparlers, même si la construction reprend / Amit Cohen – Maariv
Le président de l’Autorité palestinienne, Abou Mazen, n’a pas l’intention, du moins pas pour l’instant, de provoquer une crise et de quitter les pourparlers, même si la construction reprend aujourd’hui dans les territoires. Ceci, contrairement aux propos qu’il a tenus ces derniers jours.
Les Palestiniens, qui n’ont pas encore obtenu de proposition de compromis d’Israël ou des Etats-Unis, réclament la prolongation du gel, tant que les pourparlers se poursuivront. Ils laissent cependant à Binyamin Netanyahu encore une semaine, jusqu’à lundi prochain, pour régler cette question. Lundi se tiendra une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, pour débattre du processus diplomatique face à Israël.
En attendant, Abou Mazen réunira cette semaine les directions du Fatah et de l’OLP pour décider d’une position concernant la poursuite de pourparlers, si Israël reprend la construction dans les colonies.
Dans une interview au journal al-Hayat, Abou Mazen a indiqué qu’il ne prendrait pas seul la décision de cesser les pourparlers avec Israël. Selon lui, même si la construction n’est pas gelée, il en réfèrera aux institutions palestiniennes et à la Ligue arabe, pour que soit prise une décision commune. « Si nous parvenons à prolonger le gel, il ne fait aucun doute que nous verrons un élan des pourparlers », a-t-il promis.
Abou Mazen a ajouté que les Palestiniens réclament toujours un gel total de la construction, tant que les pourparlers se poursuivront.
Ehud Barak est rentré des Etats-Unis avec une proposition de compromis / Eli Berdenstein – Maariv
Juste avant que ne se termine le gel et que la construction reprenne dans les territoires, le ministre de la Défense, Ehud Barak, a élaboré, avec le gouvernement américain, une formule de compromis afin qu’Israël et les Palestiniens continuent à négocier.
Ehud Barak essaiera de convaincre le Premier ministre Netanyahu d’accepter cette proposition, pour faire en sorte que les Palestiniens ne quittent pas les pourparlers. Selon des sources israéliennes, M. Netanyahu n’a pas encore dit s’il accepte ou non ce compromis mais, en tout état de cause, il pourrait soumettre dès cette semaine la formule américaine au conseil des ministres, « pour donner à la décision toute sa légitimité ».
Selon des sources impliquées dans les pourparlers, la proposition américaine comprend des compromis de la part des deux camps concernant le gel de la construction, en échange d’un engagement écrit des Américains concernant d’autres questions importantes qui font l’objet de négociations. Selon ces sources, Israël aurait réclamé que les Américains soutiennent ses demandes concernant la reconnaissance d’Israël comme Etat-nation du peuple juif ainsi que concernant les dispositifs de sécurité le long de la frontière orientale de l’Etat palestinien. Les Palestiniens auraient eux réclamé un soutien américain concernant les frontières et Jérusalem.
Le Premier ministre Netanyahu a déclaré hier : « J’appelle le président Abbas à poursuivre les pourparlers francs et positifs que nous venons d’entamer, pour parvenir à un accord de paix historique entre nos deux peuples ».
« Son mon mandat, Israël a fait beaucoup pour aider les Palestiniens, grâce à des aménagements qui ont amélioré leur qualité de vie, que ce soit en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza. Au président Abbas je voudrais dire : pour l’avenir de nos deux peuples, focalisons-nous sur ce qui compte vraiment. Poursuivons des pourparlers intensifs, francs et continus, pour parvenir à un accord-cadre de paix d’ici un an », a ajouté le Premier ministre.
Le cabinet du ministre de la Défense s’est refusé hier à tout commentaire. Quant au cabinet du Premier ministre, il a réclamé hier des ministres du Likoud de ne pas s’exprimer concernant la poursuite du gel. Le député Danny Danon, un des principaux organisateurs de la cérémonie marquant la fin du gel, a même eu droit à un coup de fil personnel, lui demandant de modérer ses propos.
Attentat à l’arme à feu au sud de Hébron : Une femme enceinte a été blessée mais a donné naissance à un bébé en bonne santé / Akiva Novick, Yaron Sasson et Roni Shaked – Yediot Aharonot
C’est le troisième attentat à l’arme à feu en Cisjordanie depuis un mois : Néta Suker, une femme de 35 ans au neuvième mois de sa grossesse, a été légèrement blessée à la jambe par des tirs, près de Téné-Omarim, au sud de Hébron. A son arrivée à l’hôpital, elle a subi une césarienne et a donné naissance à un petit garçon en bonne santé.
A 20 h 20 hier soir, les occupants d’un véhicule ont ouvert le feu vers la voiture dans laquelle circulaient Néta Suker et son mari Sharon, qui a lui aussi été légèrement blessé. Le couple est cependant parvenu à arriver par ses propres moyens à l’hôpital Soroka de Béer Shéva où ils ont été pris en charge.
Tsahal a immédiatement mis en place des barrages sur les routes de la région, pour tenter d’appréhender les tireurs. Les responsables militaires ont également rencontré les commandants des services de sécurité palestiniens qui se sont eux aussi lancés à la recherche des auteurs de l’attentat./.