Réception en l’honneur de la fête nationale française (Jaffa, 13/07/2015)

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Madame l’Ambassadrice d’Israël en France,
Madame et Messieurs les conseillers consulaires,
Mes chers compatriotes, Chers amis,

Merci à tous de votre fidélité au Bastilla Day, qui est aussi l’occasion de célébrer une année dans la relation franco-israélienne. Il y a un an, dans un Israël alors en guerre, je vous l’avais dit : dans les vicissitudes du peuple d’Israël, rien n’est indifférent à la France, ses joies et ses peines, ses tourments et ses espoirs. Dans les heures parfois sombres et souvent lumineuses de l’Etat d’Israël, le peuple français s’est toujours tenu au côté du peuple d’Israël, dont il a toujours admiré l’âme, faite de tant de talents, d’ardeur, d’audace, de détermination, de ténacité et d’espérance.

Une année a passé.

Je me souviens de votre immense solidarité à la suite des attentats contre Charlie Hebdo et de notre douleur lors des funérailles, à Jérusalem, des victimes juives de l’HyperCasher.

Je salue la rencontre, enfin !, entre les start-ups des deux pays, le nombre inégalé de touristes français en Israël et israéliens en France, le succès de la 3ème Semaine de la gastronomie française. Je salue le dynamisme des chefs d’entreprises - dont certains sont les partenaires fidèles du Bastilla Day : merci à Henri STARCKMAN, Nissim ZVILI, Pierre BESNAINOU, Ytzik WEISS et Amer MASLAMANI. Merci encore à Alfred AKYROV, Ytzhac MANOR, Nanny SEYMAN et tant d’autres – je ne peux hélas tous vous citer - pour votre magnifique contribution à la relation entre nos deux pays.
Je souligne l’incroyable densité de notre relation culturelle : arts, musique, cinéma, littérature et en point d’orgue la Nuit de la philosophie pour des milliers de passionnés à Tel Aviv et à Jérusalem. Je salue Zerouva SHALEV, Nadav LAPID, Ronit ELKABETZ, Asaf AVIDAN, KEREN-ANN, Michal ROVNER, Sigalit LANDAU, la compagnie Batsheva et tant d’autres artistes israéliens célébrés par mon pays. Merci à celles et ceux – merci à mon amie Jacqueline FRYDMAN – qui créent des passerelles et font vivre intensément cette relation.
A vous toutes et tous, merci pour votre splendide engagement ! Merci à mes collègues et amis de l’Ambassade et des services de la France en Israël, à celles et ceux qui nous quittent cet été.
Je veux aussi retenir de cette année les efforts de la France en faveur de la paix. Pour mon pays, qu’est-ce que le droit d’Israël à vivre en sécurité sur cette terre ? C’est la fermeté de la France pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. C’est le courage des armées françaises - auxquelles je rends hommage, en présence du Commandant et de membres de l’équipage du DIXMUDE, qui fait escale à Haïfa -, c’est le rôle de nos armées, en Jordanie ou au Liban, au Mali ou au Niger, et sur toutes les mers du monde pour y préserver une paix toujours fragile, lutter sans concession contre le terrorisme, et défendre partout le droit et la justice.
Ce sont aussi les initiatives de la France pour donner encore et toujours un espoir à la paix entre Israéliens et Palestiniens. Nos initiatives appellent-elles la critique ? Alors écoutons Haïm Weizmann qui, en 1917 déjà, traçait la voie de l’indispensable coexistence : « L’un de nos devoirs essentiels sera d’aboutir à l’entente souhaitée avec nos voisins, les Arabes. La Palestine a assez de terre, d’air et d’eau pour nous tous. Nous espérons et croyons que de ces flots de sang répandus, de ces dévastations et destructions sortira un monde meilleur ».
C’est cette vision qui doit prendre corps. Cette ambition, cette espérance, je souhaite les partager avec vous. Dans cette région du monde, dans ce Levant des civilisations où règnent chaos et barbarie, oui, la France mettra tout en œuvre pour que cessent les souffrances de peuples recrus d’épreuves et si tragiquement marqués par l’histoire. Yitzhak Rabin, toujours présent dans nos esprits et dans nos cœurs, disait : « les risques de la paix sont toujours préférables aux tristes certitudes qui attendent une nation en guerre ». Vingt après sa mort, la portée de ce message est intacte et je veux croire que la paix reste l’ambition, profonde et organique, de ce grand peuple d’Israël.
Mesdames et Messieurs, en vous accueillant ici, je salue mes 150.000 compatriotes vivant en Israël, l’une des communautés les plus rayonnantes hors de France, l’une des plus exigeantes aussi. Je connais votre attachement charnel à Israël. Je connais votre amour profond de la France. Pour la première fois, nous organiserons, cet automne, un forum des associations françaises, grâce à vos conseillers consulaires que je remercie - Claude, Daphna, Elie, Jonathan et Robert. Notre objectif ? Qu’Israël soit plus attentif à la situation et aux espoirs de mes compatriotes - entrepreneurs, scientifiques, enseignants, chercheurs étudiants et tant d’autres - auxquels je veux exprimer ma profonde gratitude pour leur engagement au service de la relation entre les deux pays.
Monsieur le Ministre de l’Environnement, je vous remercie de votre présence ce soir car Paris accueillera en décembre une conférence majeure. Face au changement climatique, dont résulteront inévitablement tant de bouleversements pour la planète et tant de risques pour nos enfants, je veux espérer qu’Israël sera au côté de la France pour obtenir un accord ambitieux. L’urgence écologique est déclarée : portez avec nous la responsabilité d’un accord nécessaire.
Enfin, Monsieur le Président, cher Shimon PERES, je voudrais vous remercier pour votre fidélité à cette célébration. Vous êtes l’ami de la France, nul ne l’ignore. Mais votre présence n’exprime aucune nostalgie d’un âge d’or de la relation franco-israélienne, que j’abandonne aux historiens. Elle est bien au contraire le symbole d’une amitié profonde entre nos deux pays, et dont les plus belles pages restent à écrire. Et à ceux qui doutent de la force de ces liens, aux grincheux – il en est aussi -, je veux dire que je ne vois ce soir que des femmes et des hommes rassemblés et qui se donnent corps, cœur et âme pour que Vive la France ! Vive Israël ! Et que vive l’amitié entre la République française et l’Etat d’Israël !

Dernière modification, le 15/07/2015

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