Réponse du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, à une question d’actualité à l’Assemblée nationale

Monsieur le Député,

J’ai annoncé hier que notre pays avait la désormais certitude que du gaz sarin avait été utilisé en Syrie. Face à ces crimes, nous avions en effet un devoir de vérité. Les tests réalisés par le laboratoire agréé du ministère de la défense sont formels. Du sarin a été utilisé à Jobar entre le 12 et 14 avril et à Sarraqeb le 29 avril.

La présence de résidus de sarin dans le sang et dans les urines recueillies sur six victimes démontre de façon certaine qu’elles ont été exposées à ce gaz qui est 500 fois plus toxique que le cyanure.

Le régime de Bachar Al-Assad est-il à l’origine de ces attaques ? La réponse est oui. Les éléments dont nous disposons, s’agissant de Sarraqeb, permettent de relier avec certitude l’intoxication des victimes et le largage à basse altitude, le 29 avril, par un hélicoptère du régime de petites munitions diffusant une fumée blanche.

Sans perte de temps, nous avons, hier, remis ces informations à la Mission des Nations unies créée pour enquêter sur l’emploi d’armes chimiques en Syrie. Ce matin même, le gouvernement britannique a d’ailleurs confirmé disposer de preuves physiologiques que du sarin a été utilisé. La mission de l’ONU doit avoir accès immédiatement au territoire syrien.

J’ai dit hier que toutes les options étaient sur la table et nous y travaillons avec nos partenaires. Notre objectif c’est la paix. L’urgence c’est que les négociations de Genève puissent démarrer et aboutir à une solution politique afin que les horreurs cessent en Syrie.

Dans cette situation tragique et complexe, Mesdames et Messieurs les Députés, l’attitude la France est cohérente. Vérité sur les faits, pression sur le régime dont les crimes ne doivent pas rester impunis et détermination pour tenir la conférence de Genève II qui doit aboutir dans l’intérêt du peuple syrien./.

Dernière modification, le 20/01/2014

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