
| HAARETZ (LE PAYS)
LE HAMAS A INTENSIFIE LES TIRS DE ROQUETTES ; 3 MORTS DANS LE SUD | MAARIV (LE SOIR)
SOUS LE FEU DES ROQUETTES | |
|---|---|---|
| YEDIOT AHARONOT
(LES DERNIERES NOUVELLES ) AU CŒUR D’ASHDOD | THE JERUSALEM POST TROIS MORTS DANS LES ATTAQUES DU HAMAS CONTRE ASHKELON, ASHDOD ET NAHAL OZ | |
ISRAËL-PALESTINIENS
Ashdod dans la ligne de mire
Les tirs en provenance de la bande de Gaza se sont intensifiés hier alors que l’opération « plomb durci » entrait dans sa troisième journée. Selon le Yediot Aharonot, le Hamas a profité de la détérioration des conditions météorologiques dans la région pour multiplier les tirs de roquettes, les nuages rendant plus difficile le repérage et la destruction des lance-roquettes.
Aux alentours de 21 heures hier soir, le sud d’Israël a été arrosé de dizaines de roquettes et d’obus de mortier, les roquettes visant pour la première fois des zones situées à plus de trente kilomètres de la bande de Gaza, comme les villes d’Ofakim et d’Ashdod, ainsi que les environs de Yavné, à 35,5 kilomètres de Gaza.
Pour la première fois, des roquettes ont atterri dans le centre d’Ashdod, cinquième ville d’Israël avec 209 000 habitants. Une de ces roquettes a tué une femme et a blessé six autres personnes, dont une grièvement. Presque simultanément, un obus de mortier s’est abattu sur Nahal-Oz, une localité limitrophe de la bande de Gaza, tuant un soldat israélien et en blessant six autres. Dans la matinée, un ouvrier a été tué par une roquette Grad sur un chantier d’Ashkelon et une dizaine de ses collègues ont été blessés. Au total, une centaine de projectiles se sont abattus hier sur le territoire israélien, faisant trois morts et trente et un blessés.
L’aviation israélienne a poursuivi hier ses raids à travers la bande de Gaza. Selon le Haaretz, une quarantaine de Palestiniens ont été tués dans ces raids, le bilan total s’élevant à 350 morts depuis le début de l’opération. L’agence onusienne UNRWA estime qu’au moins cinquante-sept de ces victimes sont des civils.
Toujours selon le Haaretz, une grande partie des attaques a visé hier des groupes de lanceurs de roquettes, en particulier dans le nord de la bande de Gaza, mais le temps nuageux a rendu difficile leur localisation. Dans l’après-midi, l’aviation a pu détruire un camion du Hamas transportant plusieurs dizaines de roquettes dans le camp de réfugiés de Jabaliyah. Tsahal estime que le Hamas tentait de transférer ces roquettes vers une nouvelle cache.
D’autres raids ont visé les domiciles privés des responsables des branches militaires du Hamas et du Jihad islamique. Au moins deux responsables importants de ces organisations ont été tués par l’armée de l’air israélienne. Ces raids ont toutefois fait également des victimes civiles dont cinq petites filles tuées lors du bombardement d’une mosquée et sept autres personnes tuées lors d’un raid contre la maison d’un responsable de la branche militaire du Hamas à Bet Lahiyah. Selon des témoins palestiniens, les victimes étaient des habitants des maisons voisines. L’aviation a également bombardé l’université islamique de Gaza. Selon Israël, cette institution abrite des laboratoires dans laquelle des experts du Hamas développent armes et explosifs. Le Yediot Aharonot rappelle que le Hamas surnomme cette université « notre Pentagone ».
Le Haaretz cite le communiqué fait hier par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui a appelé à la cessation immédiate de toutes les hostilités à Gaza. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, s’est entretenu hier par téléphone avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmud Abbas, le président égyptien, Hosni Moubarak, et le Premier ministre Ehud Olmert afin de promouvoir un cessez-le-feu.
Selon un haut responsable diplomatique israélien cité par le journal, la France, appuyée par la Grande-Bretagne, devrait présenter ce soir, lors d’une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, un plan visant à imposer un cessez-le-feu dans la bande de Gaza Ce plan aurait été présenté à la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, qui aurait fait part de son soutien. Il prévoirait notamment un cessez-le-feu humanitaire de quarante-huit heures, la création d’un corridor destiné au passage de l’aide humanitaire et une tentative de rétablir une trêve à long terme.
Au ministère des Affaires étrangères, écrit le journal, on estime qu’Israël dispose au mieux d’une semaine avant que la pression internationale ne le contraigne à cesser l’opération dans la bande de Gaza. Le Premier ministre Ehud Olmert envisage lui de poursuivre l’offensive si d’autres objectifs peuvent être atteints. « Si nous voyons que l’opération militaire ne mène à rien, nous nous tournerons vers la voie diplomatique, mais nous n’y sommes pas encore », ont déclaré des membres du cabinet du Premier ministre.
Selon le Yediot Aharonot, lors d’une réunion destinée à faire le bilan des trois premiers jours de l’opération, hier à Tel-Aviv, Ehud Olmert a rejeté toutes les allusions à une « stratégie de sortie ». « Nous n’avons aucunement l’intention de chercher des échappatoires tant que nous n’aurons pas atteint les objectifs que nous nous sommes fixés. Tsahal continuera à agir avec une poigne de fer contre le Hamas et aucune proposition de cessez-le-feu ne sera envisagée », a déclaré le Premier ministre.
La Knesset a tenu hier une séance spéciale consacrée à l’offensive dans la bande de Gaza, en présence des présidents des trois grands partis, rapporte le Haaretz. Le président du parti travailliste et ministre de la Défense, Ehud Barak, a souligné que l’opération militaire à Gaza serait élargie et intensifiée autant que nécessaire. « Nous avons lancé cette opération afin de frapper durement le Hamas et modifier la situation dans le sud du pays », a déclaré M. Barak.
Le président du Likoud, Binyamin Netanyahu, a déclaré que pour éliminer la menace des roquettes il faudra, en fin de compte, renverser le Hamas. La présidente de Kadima et ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a quant a elle imputé la responsabilité de la situation à Gaza au Hamas qui, selon elle, détient la population en otage. « Ceux qui aident et abritent le Hamas paient aujourd’hui le prix », a-t-elle déclaré.
Le Premier ministre Ehud Olmert a refusé de participer à cette séance parlementaire, face au refus de la présidente de la Knesset, Dalia Itzik, de la reporter. La séance a été marquée aussi par l’affrontement entre plusieurs députés arabes et le président du parti Israël Béteinou, Avigdor Lieberman, qui les a qualifié de traîtres, affirmant qu’ils étaient « la branche politique du Hamas à la Knesset ».
Selon le Maariv, la protestation des Arabes israéliens contre l’offensive israélienne à Gaza s’est étendue hier à tout le pays, conjuguant manifestations pacifiques et dérapages violents ou agressions contre des Juifs.
A Jaffa s’est déroulée une manifestation sans incident particulier, mais au terme de laquelle quelques-uns des manifestants s’en sont ensuite pris à des passants juifs. Parallèlement, un autre rassemblement a eu lieu à l’appel de l’association pour les Arabes de Jaffa, qui a réuni près d’un millier de personnes, suite auquel deux jeunes arabes ont barré une route principale de la ville au cri de « Libérez la Palestine » et en s’en prenant à des véhicules passants.
De même, près de Nazareth, des pierres ont été jetées vers des véhicules et des pneus ont été brûlés. A l’université de Haïfa ont manifesté plus de cinq cents personnes, la moitié d’entre elles contre l’opération israélienne et l’autre moitié pour soutenir Tsahal et le gouvernement.
Dans la région de Jérusalem ont eu lieu plusieurs manifestations violentes. Un cocktail Molotov a été lancé vers l’entrée arrière de l’hôpital Hadassah du mont Scopus, probablement par des Palestiniens venus d’Issawiya, quartier de Jérusalem-est. A Modiin Ilit, colonie ultra-orthodoxe, un ouvrier palestinien a poignardé quatre personnes, blessant grièvement l’une d’entre elles. Dans un autre incident, un Palestinien armé d’un couteau a pénétré dans la colonie de Kedumim et a poignardé un homme de soixante ans avant de s’échapper à vélo./.