09. ARCHIVES
02. 2009 ISRAEL / FRANCE / MONDE DECLARATIONS OFFICIELLES

JERUSALEM. Nicolas Sarkozy s’exprime sur la situation au Proche-Orient

DU PREMIER MINISTRE DE L’ETAT D’ISRAEL,
M. EHUD OLMERT,
DU PREMIER MINISTRE DE LA REPUBLIQUE TCHEQUE,
M. MIREK TOPOLANEK,
DE LA CHANCELIERE DE LA REPUBLIQUE FEDERALE D’ALLEMAGNE,
MME ANGELA MERKEL,
DU PREMIER MINISTRE DU ROYAUME-UNI DE GRANDE-BRETAGNE ET D’IRLANDE DU NORD,
M. GORDON BROWN,
DU PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES DE LA REPUBLIQUE ITALIENNE,
M. SILVIO BERLUSCONI
ET DU PRESIDENT DU GOUVERNEMENT DU ROYAUME D’ESPAGNE,
M. JOSE LUIS ZAPATERO

- PROPOS DE M. SARKOZY -
(Jérusalem, 18 janvier 2009)

(…) Mesdames et Messieurs, Monsieur le Premier Ministre,

nous avons tous le sentiment de vivre un moment historique ici, à Jérusalem, lorsque nous voyons rassemblés autour du Premier ministre Ehud Olmert l’ensemble des dirigeants politiques israéliens : Madame Tzipi Livni, Monsieur Barak, Monsieur Netanyahu. Cela montre que ce qui est en cause, c’est l’avenir de l’Etat d’Israël, qui va bien au-delà de celui ou de celle qui gagnera les élections. Qu’il me soit permis de parler en ami d’Israël. Toute l’Europe ne transigera jamais pour le droit à la sécurité de l’Etat d’Israël. Et vous savez pouvoir compter sur nous. Mais les amis doivent se dire les choses. Nous n’avons pas soutenu et approuvé l’intervention de Tsahal à Gaza. Pourquoi ? Nous connaissons et nous avons reconnu la faute initiale du Hamas. Avec les roquettes qui ont conduit à l’interruption de la trêve. Mais nous pensons que la place de Tsahal n’est pas à Gaza. Toute ma vie politique, je me suis senti, vécu, comme un ami d’Israël. Et un ami dit ce qu’il pense parce que c’est grâce à sa franchise que l’on sait que, quand il y a des ennuis, on peut compter sur lui. La décision du gouvernement israélien, unanime, d’arrêter le feu est une décision que nous soutenons. C’est une décision digne d’un Etat démocratique. Et nous disons : "ce n’est qu’un premier pas. Il faut aller plus loin". Parce que dans cette région du monde que vous connaissez par définition mieux que nous, on a perdu trop de temps, depuis trop d’années. On a manqué trop d’occasions dans les mains de trop d’hommes d’Etat qui ont essayé et qui n’ont pas réussi. Alors, maintenant, c’est à nous d’essayer. C’est très important ce qu’a dit Ehud Olmert au nom du cabinet israélien, que si les tirs de roquettes s’arrêtent, Tsahal quittera Gaza. C’est extrêmement important. Car, enfin, nous sortons du cercle vicieux des provocations et des réactions vers un cercle vertueux de l’espoir. Et si, malgré tout, on se décidait à se faire confiance parce que nous n’avons pas d’autre choix ? Monsieur le Premier Ministre, c’est toute l’Europe qui est décidée à vous aider. Avec Angela Merkel et Gordon Brown, nous vous avons envoyé une lettre pour vous dire : "nous sommes prêts à mettre nos bateaux à votre disposition pour qu’il n’y ait pas de contrebande d’armes, par la mer, vers Gaza". Nous avons dit au président Moubarak, dont je veux saluer une nouvelle fois le courage, l’homme qui a fait la paix avec Israël et l’homme qui aujourd’hui essaye de faire la paix, que nous sommes prêts à l’aider par des observateurs, par de la technologie, pour qu’il n’y ait plus de contrebande d’armes. Mais nous vous disons aussi : "aidez-nous à être vos amis. Vous êtes une nation démocratique, c’est à vous de montrer le chemin. Et l’ensemble du monde vous suivra". Qu’il me soit permis une dernière remarque. Il faut profiter de cette lueur d’espoir pour mettre maintenant tout sur la table. Ce n’est pas plus d’efforts de faire un grand plan de paix définitif qu’un petit plan de paix provisoire. Ce sont les mêmes interlocuteurs, à la même époque, au même moment. Prenons les risques pour la paix. Les marges de manœuvre, nous les trouverons en mettant tout sur la table. Et une fois Tsahal retiré de Gaza, il faudra proposer un sommet au président de l’Autorité palestinienne pour parler avec lui. Comment l’Etat palestinien vivra-t-il en paix avec l’Etat d’Israël ? C’est une discussion qui vous appartient et que vous devez engager. Sachez qu’il faudra ensuite, tout de suite, convoquer la grande conférence internationale qui permettra enfin d’établir la paix, cette année, dans cette région du monde. Bien sûr, nous aurons besoin des Etats-Unis d’Amérique. Personne n’a l’idée de les exclure. Mais personne, non plus, ne veut attendre. Et nous espérons qu’ils s’engageront puissamment pour apporter les garanties nécessaires. Vous le voyez, nous sommes venus en amis. Nous tendons la main à tout le monde parce que nous sommes convaincus que l’Europe peut porter un message de paix. Si l’Europe est forte, si l’Europe est décidée et si l’Europe a le courage de parler à tout le monde. Un mot, vraiment, enfin. Nous voulons que le soldat Shalit, le caporal Shalit soit libéré. Pas simplement, Monsieur le Premier Ministre, parce qu’il est moitié Français, parce qu’il le faut. Parce qu’il y a eu trop de souffrance. Et nous souhaitons qu’Israël soit prête aussi à libérer des prisonniers. Pour que, là aussi, on en finisse avec la douleur de centaines de familles qui maintenant doivent aspirer à la paix. J’espère que vous avez compris que nous n’avons aucune leçon à donner à Israël. Simplement un témoignage d’amitié, celui de la franchise, celui de la vérité et finalement celui de l’audace. Je vous remercie. (…)./.

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