Syrie - Conférence de presse conjointe de M. Laurent Fabius et de son homologue allemand

Syrie - Conférence de presse conjointe de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et de son homologue allemand - Propos de M. Fabius (Paris, 21/01/2014)
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Q - Monsieur le Ministre, votre collègue allemand a exprimé des attentes modestes vis-à-vis de la conférence de Genève II qui va commencer demain à Montreux. Est-ce qu’il a préconisé les « petits pas » ? Il a cité trois mesures. Est-ce également votre approche ou êtes-vous encore plus ambitieux concernant cette conférence ?

R - Jean Jaurès, qui est un homme pour lequel nous avons tous les deux beaucoup d’admiration, fixait un objectif à toute action politique et cela vaut aussi pour les ministres des affaires étrangères, il disait « aller à l’idéal et comprendre le réel ». Cela définit bien les choses.

L’idéal c’est évidemment la paix. La situation en Syrie et dans les pays voisins est une situation tragique, épouvantable, plus de 130.000 morts, des millions de réfugiés, de déplacés, au moment même où nous parlons des dizaines et des dizaines de gens qui se font tuer, une responsabilité écrasante de M. Bachar Al-Assad, tout cela vous le savez.

L’idéal est donc d’aller vers la paix. Et la paix, nous partageons cette opinion Frank Walter et moi-même, cela passe par une situation politique, il n’y a pas d’autre solution que politique. Et une solution politique cela veut dire discuter, d’où Genève II. Donc c’est cela le grand objectif.

Et, en même temps, le réel ce sont les difficultés, les divisions, les exactions de toute sorte. Les difficultés le mot est faible parce que tous les jours des livraisons d’armes, parce que la présence de troupes étrangères, le Hezbollah, l’Iran, parce que la présence des terroristes et leur action, parce qu’il y a aussi des difficultés à rendre unie l’opposition ; finalement on y est parvenu.
Et donc il faut, sous l’égide des Nations unies, qu’on ait comme objectif des avancées vers la paix.

Il faut savoir que ce sera difficile, mais l’objectif a été fixé par la lettre d’invitation du secrétaire général des Nations unies. Et c’est à cela qu’il faut rester fidèle : l’ordre du jour. L’ordre du jour de la conférence de Genève II, c’est bâtir par consentement mutuel un gouvernement de transition en Syrie doté de tous les pouvoirs exécutifs.

Donc, il y aura, si nous rassemblons tout cela, à la fois une série de pas concrets, ceux qu’a cités Frank-Walter, cessez-le-feu, accès humanitaire, tout ce qui peut permettre d’améliorer la situation sur le terrain, mais sans jamais perdre de vue que l’objectif c’est : gouvernement de transition doté de tous les pouvoirs exécutifs. Et une conférence réussie, c’est une conférence qui saura combiner ces deux approches./.

Dernière modification, le 22/01/2014

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