- Syrie - Entretien de Laurent Fabius, avec « RMC-BFM » (Paris, 05/12/2013)

Q - La Syrie. Demandez-vous toujours le départ du président Assad ?

R - La situation est claire en ce qui concerne M. Assad. Maintenant, il y a cent vingt-cinq mille morts. Il y a sept millions de personnes qui ont été déplacées dans les pays voisins. Vous avez sept cent mille réfugiés syriens en Jordanie. Au Liban, qui est un petit pays très proche de la France, vous avez huit cent mille personnes qui viennent de Syrie.

Quand on est dans une situation comme celle-là, il n’est pas logique de penser que le dirigeant qui en est le responsable va rester au pouvoir pendant une éternité, cela n’a pas de sens.

Mais le problème, c’est qu’il faut trouver une solution qui ne soit pas militaire. D’où la conférence de Genève II qui doit avoir lieu le 22 janvier mais qui est très difficile, pas seulement à monter, à faire réussir.

Nous avions dit, en juillet de l’année dernière, que M. Bachar Al-Assad n’a pas d’avenir et il faut donc que ce soit l’opposition modérée qui vienne. À l’époque, il n’y avait pas d’Iraniens en Syrie, ni de Hezbollah et ni de terroristes. C’était faisable. Mais on ne nous a pas entendus.

Et, aujourd’hui, vous avez d’un côté M. Bachar Al-Assad qui s’est renforcé et de l’autre côté des terroristes. Au centre nous avons une opposition modérée que nous soutenons. Mais cette opposition doit se battre sur les deux fronts et il faut trouver une solution. Donc c’est très compliqué.

Q - Oui, parce que j’ai entendu les partisans de Bachar Al-Assad dire : « C’est l’homme de la transition. C’est lui qui conduira la transition en Syrie ». Vous avez entendu comme moi.

R - Est-ce que raisonnablement on peut penser que quelqu’un qui a présidé un État où il y a eu cent vingt-cinq mille morts va rester dans son fauteuil en disant : « On continue comme avant » ?

Q - Donc vous demandez toujours son départ.

R - L’objet de la conférence de Genève, c’est d’arriver à un gouvernement de transition qui soit doté de tous les pouvoirs exécutifs que possèdent de M. Bachar Al-Assad.

Q - Sans M. Al-Assad.

R - Le gouvernement de transition devra avoir les pouvoirs que détient aujourd’hui M. Bachar Al-Assad.

Q - Donc sans M. Assad.

R - À terme, évidemment.

Dernière modification, le 06/12/2013

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