Tribune de l’Ambassadrice Hélène Le Gal dans le Yedioth Aharonoth (8 janvier 2017)

La paix, dans l’intérêt d’Israël

Le 15 janvier, 70 Etats et organisations se réuniront à Paris pour tenter de contribuer à la paix au Proche-Orient.

A plusieurs reprises, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a indiqué qu’il était prêt à travailler à un accord de paix qui consacre l’existence de deux Etats, israélien et palestinien, vivant côte à côte en paix et en sécurité. Il a dit que cet objectif ne pourrait être atteint que par des négociations directes et sans préconditions et qu’il ne revenait donc pas à la communauté internationale d’imposer aux parties une solution si elle souhaitait que celle-ci soit durable.

L’initiative proposée par la France n’a d’autre objectif que d’aider le Premier Ministre à réaliser sa vision.

En venant à Paris, la communauté internationale tient à réaffirmer elle aussi son attachement à un règlement final consacrant l’existence de deux Etats, car elle reste convaincue qu’il s’agit de la meilleure formule garantissant la sécurité d’Israël et les aspirations nationales des Israéliens et des Palestiniens, deux objectifs qui ne sont pas contradictoires mais au contraire se renforcent mutuellement.

La conférence du 15 janvier sera l’occasion pour les participants de présenter des mesures concrètes susceptibles d’aider à une reprise des négociations entre Israéliens et les Palestiniens, à l’arrêt depuis avril 2014. Le Premier Ministre israélien a raison de souligner qu’eux seuls sont en mesure de conclure la paix directement.

La France a veillé à informer les autorités israéliennes à tous les stades de cette initiative. Elle souhaite présenter la contribution de la communauté internationale au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et au Président palestinien, Mahmoud Abbas, à l’issue de la conférence du 15 janvier. Elle est prête à faciliter en ce sens une rencontre à Paris entre les deux parties, si celles-ci le souhaitent.

Présenter cette conférence comme un tribunal contre l’Etat d’Israël, voire contre le peuple juif dans son ensemble revient à refuser de voir la réalité de son contenu. Israël aurait au contraire intérêt à saisir cette opportunité pour consolider la dynamique positive qui se dessine avec les Etats de la région et s’appuyer sur ses amis et alliés traditionnels pour résoudre un conflit qui dure depuis près de cinquante ans. Israël a un énorme intérêt à la paix, tant les opportunités qu’elle permettrait de saisir sont importantes.

De la même façon, voir en l’adoption à la quasi-unanimité du conseil de sécurité de la résolution 2334 le 23 décembre dernier le signe que le monde est contre Israël est erroné. Ce vote rappelle que la communauté internationale reste attachée à la vision de deux Etats démocratiques, Israel et Palestine, vivant côte à côte à l’intérieur de frontières sûres et reconnues et que la construction continue de colonies dans les territoires occupés par Israël éloigne de cet objectif, une position qui n’a pas varié depuis 1967. La résolution s’équilibre, en reconnaissant que la colonisation n’est pas la seule menace à la possibilité d’une solution à deux Etats : elle condamne les actes de terrorisme et d’incitation à la violence dont les Israéliens sont victimes.

La France ne réserve pas un traitement particulier au conflit israélo-palestinien. Elle est partout mobilisée en faveur de la paix et de la sécurité. Elle est engagée militairement en Irak, en Syrie et en Afrique pour combattre le terrorisme. Quant au Conseil de sécurité, organe dont Israël aspire à devenir membre élu, il a adopté pour la seule année 2016 plus de 70 résolutions sans rapport avec Israël.

La France continuera de s’opposer à ceux qui utilisent ce conflit pour remettre en question l’existence de l’Etat d’Israël. Elle n’a d’autre ambition que d’aider les Israéliens et Palestiniens à trouver le chemin de la paix.

Dernière modification, le 09/01/2017

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