Vendredi 13 février 2009

JPEG

Les Titres
Haaretz (Le pays)

Un autre sac de nœuds pour Netanyahu qui aura du mal à nommer Lieberman ministre des Finances

The Jerusalem Post

Le Likoud prêt à accéder aux demandes de Lieberman concernant

l’union civile et la conversion

Maariv (Le soir)

Des contacts pour la création d’un gouvernement d’union sans Lieberman
Yediot aharonot

(Les dernières nouvelles )

Le piège qui menace le Likoud

* Intérieur

Poursuite des négociations en vue de la mise en place d’une coalition

Le décompte des votes des soldats, des prisonniers, des personnes hospitalisées et des bureaux de vote pour invalides qui s’est terminé hier, n’a pas modifié le résultat des législatives et Kadima conserve un siège du plus que le Likoud qu’il devance de 28 978 voix. La composition de la nouvelle Knesset sera donc la suivante : Kadima 28 députés, Likoud 27, Israël Béteinou 15, Parti travailliste 13, Shas 11, Yehadout Hatora 5, Hadash 4, Raam-Taal 4, Ha’ihoud Haleoumi 4, Habayit Hayehoudi 3, Méretz 3 et Balad 3.

Hier, rapporte le Yediot Aharonot, le parti Israël Béteinou a adressé au Likoud et à Kadima un document détaillant ses revendications, les deux principales étant la modification du mode de gouvernement et une réforme en profondeur de la législation sur les mariages et la conversion. Du point de vue d’Israël Béteinou, l’instauration en Israël d’un « pacte de vie de couple », qui concerne 300 000 personne n’étant pas reconnues comme juives par le rabbinat, qui ne peuvent pas aujourd’hui se marier légalement en Israël, est un projet de première importance car il touche principalement la communauté russophone qui forme la base de l’électorat du parti. Or, ce projet est certain de se heurter à l’opposition du parti orthodoxe-séfarade Shas, lui aussi pressenti pour siéger au gouvernement.

Selon le Maariv, Binyamin Netanyahu se serait engagé à ce que Shas fasse partie du gouvernement qu’il formera et l’ancien ministre Sylvan Shalom, numéro sept sur la liste du Likoud, se serait porté garant de cette promesse auprès du grand-rabbin Ovadia Yossef. Or, Shas refuse l’adoption d’une loi sur le pacte de vie de couple tandis qu’Avigdor Lieberman réclame que les députés de la coalition puissent voter librement sur ce texte, sans veto de la part de Shas. A cela il faut ajouter les attaques du parti Shas contre Israël Béteinou durant la campagne électorale qui poussent aujourd’hui Avigdor Lieberman à vouloir un gouvernement sans Shas. Au Likoud on estime toutefois qu’Avigdor Lieberman aura du mal à expliquer à ses partisans pourquoi il a empêché la mise en place d’un gouvernement de droite et que, par conséquent, il finira par assouplir ses positions.

Le Haaretz ajoute que Binyamin Netanyahu a confié à Me Yaakov Néeman, qui dirige les négociations pour le Likoud, la mission de trouver une formule de compromis entre Shas et Israël Béteinou. Netanyahu espère que se compromis sera achevé avant jeudi prochain, date à laquelle seront publiés au journal officiel les résultats des élections et où le président Pérès lancera les consultations officielles avec les représentants des différents partis.

Par ailleurs, écrit le journal, la nomination d’Avigdor Lieberman au poste de ministre des Finances, évoquée ces derniers jours par Binyamin Netanyahu, pourrait elle aussi poser problème, Avigdor Lieberman faisant actuellement l’objet d’enquêtes pour fraude fiscale et blanchiment de fonds. Or, il semble difficile dans ce cas de le nommer au ministère des Finances dont dépend notamment la direction générale des impôts. Ces enquêtes rendent aussi impossible la nomination d’Avigdor Lieberman au poste de ministre de la Justice ou de la Sécurité intérieure, ce dernier étant responsable de la police.

De son côté, la présidente de Kadima, Tzipi Livni, réunira dimanche son groupe parlementaire afin de décider des futures démarches du parti. Selon le Yediot Aharonot, des ministres et des députés qui se sont entretenus avec Tzipi Livni ces derniers jours lui ont recommandé de ne pas se joindre à un gouvernement dirigé par Netanyahu estimant que dans un tel cas il serait préférable à Kadima de demeurer dans l’opposition afin de servir de contre-poids au gouvernement de droite. Selon eux, « un tel gouvernement ne tiendra pas un an ».

Le ministre de l’Intérieur, Meir Shitrit, membre de l’équipe de négociation de Kadima, a déclaré hier : « Si Netanyahu forme un gouvernement d’extrême droite, nous n’y participerons pas. Ce sera un gouvernement du non. Il sont contre un Etat palestinien, contre des pourparlers avec la Syrie, contre le démantèlement de colonies sauvages. Si Kadima intègre un tel gouvernement, il sera rayé de la carte politique ». D’autres membres de Kadima appellent eux Kadima à former un gouvernement d’union avec un roulement à la tête du gouvernement entre Binyamin Netanyahu et Tzipi Livni.

Selon le Maariv, parallèlement aux pourparlers que mènent chacun de leur côté le Likoud et Kadima, dans l’espoir de former un bloc majoritaire, des contacts secrets auraient lieu afin d’étudier la possibilité de former un gouvernement qui réunirait Kadima, le Likoud et le parti travailliste et de neutraliser ainsi Israël Béteinou et les partis religieux. Un ministre de Kadima aurait déjà consulté à ce sujet le président du parti travailliste, Ehud Barak, ainsi que d’autres responsables travaillistes. La proposition, qui aurait reçu l’aval de Binyamin Netanyahu, serait la mise en place d’un gouvernement pour une période déterminée durant laquelle le mode de scrutin serait modifié afin de permettre ensuite de nouvelles élections et la mise en place d’une majorité plus stable. Pour l’heure, Tzipi Livni n’a pas pris part à cette démarche et on ignore quelles sont ses chances de succès.


* Israël-Palestiniens

Le Hamas : l’accord de trêve sera annoncé demain

Le chef adjoint du bureau politique du Hamas, Moussa Abou Marzouk, a déclaré hier au Caire que l’Egypte annoncerait ce samedi la conclusion d’un accord de trêve entre Israël et le Hamas, rapporte le Haaretz. Cette trêve d’une durée d’un an et demi serait accompagnée de l’ouverture progressive des points de passage entre Israël et la bande de Gaza. La déclaration d’Abou Marzouk intervient après qu’une délégation de responsables du Hamas s’est rendue au Caire et a donné une réponse positive à la proposition égyptienne. Selon le Yediot Aharonot, Amos Guilad, directeur des affaires politiques et de sécurité au ministère de la Défense, se rendra au Caire la semaine prochaine pour approuver l’accord entre Israël et l’Egypte.

Des sources impliquées dans les négociations ont indiqué au Haaretz que l’accord devrait également intégrer la question de la libération de Guilad Shalit, le soldat détenu par le Hamas. Toutefois hier on ignorait toujours si l’Egypte annoncera qu’un accord sur Shalit a été obtenu, ou bien si elle se contentera d’un engagement du Hamas à accélérer les contacts à ce sujet après l’entrée en vigueur de la trêve. Israël, rappelle le journal, pose la libération de Guilad Shalit comme condition à l’ouverture totale des points de passage. Par ailleurs, le journal rapporte que Noam Shalit, le père de Guilad, a rencontré hier l’émissaire du Quartette de la communauté internationale, Tony Blair, à Jérusalem afin de promouvoir un échange de prisonniers avant la fin de mandat du gouvernement Olmert.

Pour le Yediot Aharonot, Guilad Shalit est « le grand perdant » de ce nouvel accord de trêve car sa libération n’en fait pas partie. En effet, écrit le journal, Shalit est évoqué de manière vague et brève dans l’accord israélo-égyptien où il est indiqué que le Hamas comprend la nécessité d’accélérer les négociations en vue de sa libération. Il y aurait également des ententes entre Israël et l’Egypte selon lesquelles l’ampleur de l’ouverture des points de passage dépendra de l’avancement dans le dossier Shalit. Quoi qu’il en soit, il a été convenu entre les parties que le dossier Shalit ne sera traité que lors de la deuxième phase de l’accord qui devrait être lancée après une période de test de plusieurs semaines durant laquelle le respect de la première phase sera mis à l’épreuve.

Toujours selon le Yediot Aharonot, le Hamas aurait accepté une trêve d’un an et demi, mais l’Egypte estime que cette durée n’est qu’indicative et que la trêve sera reconductible. Le Hamas accepte que le cessez-le-feu s’applique non seulement aux tirs de roquettes mais également aux tirs à l’arme légère, à la pose de mines, aux attentats le long de la frontière et au creusement de tunnels vers le territoire israélien. Pour sa part, Israël a convenu avec l’Egypte qu’il pourra riposter à toute attaque du Hamas.

Le poste-frontière de Rafah, entre l’Egypte et la bande de Gaza, restera lui fermé, sauf en cas d’urgence humanitaire. L’Autorité palestinienne y sera présente ainsi qu’aux points de passage entre Gaza et Israël, mais le Hamas pourra lui aussi y déployer ses hommes.

Israël s’est de son côté engagé à permettre le transit vers Gaza de 80 % des marchandises qui y pénétrait avant la mise en place du blocus. Israël a cependant fait savoir qu’il n’autorisera pas la livraison de tuyaux métalliques et de machines ou de matériaux pouvant servir à la fabrication d’armes. Le passage de ciment, de béton et de fer destiné à la construction fait toujours l’objet d’un désaccord entre les parties.

Enfin, l’accord israélo-égyptien comprend une partie confidentielle sur la contrebande d’armes, le Hamas refusant de s’engager publiquement à la stopper.

Le Haaretz rapporte par ailleurs qu’Israël a annoncé avant-hier une série de mesures en Cisjordanie. La décision israélienne a été communiquée à l’Autorité palestinienne lors d’une rencontre entre des responsables de Tsahal et des forces de sécurité palestiniennes. Israël a notamment approuvé l’ouverture de douze commissariats palestiniens dans des régions rurales se trouvant sous contrôle civil palestinien et militaire israélien (zone b). Ils s’ajoutent à la vingtaine de commissariats dont l’ouverture avait déjà été approuvée l’année dernière. De plus, après plusieurs années d’interdiction les citoyens arabes-israéliens seront autorisés à se rendre à Naplouse, une démarche qui devrait améliorer la situation économique de cette ville, comme cela a été le cas à Jénine l’année dernière./.

Dernière modification, le 13/02/2009

haut de la page