Monsieur Avner Shalev, Président de Yad Vachem, qui a la générosité et la gentillesse de nous accueillir ici
Monsieur Yaacov Turkel, Président de la Commission chargée de désigner les Justes parmi les Nations,
Monsieur le dr Ehud Hubert Lev et les membres de sa famille,
Madame et Monsieur Marie Thérèse et Robert Roger, petite-fille et petit-fils de Mme Louise Roger,
Mesdames et Messieurs les membres du bureau de l’Association Aloumim,
Monsieur Lucien Lazarre,
Madame Irena Steinfeld, directrice du département des Justes parmi les Nations,
Mesdames, Messieurs,
Il y a une phrase du Talmud qui dit « quiconque sauve une vie, sauve un univers tout entier », et je crois que cette phrase est tout à fait appropriée à cette cérémonie.
Louise Roger était une femme simple, modeste, qui, en cachant Herbert Odenheimer, aujourd’hui Ehud Lev, a su braver tous les dangers et se rebeller contre l’ordre établi. Elle fait partie de ces milliers de français et de françaises qui, malgré le régime de Vichy, durant lequel ont été commis des crimes indicibles, ont su résister. Cette femme simple a donné de l’amour au petit Ehud, et elle lui a aussi donné le respect de son identité.
Je voudrais également rendre hommage à Jules, le fils de Louise et Jeanne, son épouse, qui ont été élevés en tant que Justes parmi les Nations en 1989. C’était il y a 20 ans, à la mairie de Paris, en présence de Jacques Chirac, lors d’une cérémonie très émouvante.
Il faut aussi rendre hommage à l’OSE, qui a sauvé Hubert du camp de Gurs, d’où ont été transférés ses parents et sa grand-mère, avant d’être exterminés à Auschwitz. Je crois qu’il faut également rendre hommage à tous ces Français, qui au péril de leur vie, ont su braver tous les dangers pour sauver des vies humaines.
Au-delà de la famille Roger, il faut rendre hommage à ces Justes, qui ont été des héros, non seulement du peuple juif, mais aussi de la République française. C’est à ce titre qu’ils ont été accueillis il y a deux ans au cours d’une cérémonie au Panthéon. C’était certainement trop tard, mais il y a eu un gigantesque travail de mémoire qu’il a fallu mener, et qui a duré près de 60 ans. Aujourd’hui, on dénombre environ 3000 justes français et 60 ans après, on connaît les difficultés pour trouver les témoignages, pour trouver les documents de cette époque dans les mairies ou dans les églises.
Je comprends que Marie-Thérèse a joué un rôle clé pour retrouver une partie des documents qui témoignaient de l’action de sa grand-mère. Ce travail doit continuer et même s’il n’aboutit pas au titre de Juste, il reste important à la fois pour le peuple juif et pour la mémoire française. Il est important de se souvenir à la fois de ces crimes indélébiles, mais aussi de se rappeler de ces Justes, de ces résistants, de cette France qui a répondu à l’appel du Général de Gaule, le 18 juin 1940.
Je tiens enfin à remercier Yad Vashem pour l’organisation de cette cérémonie et pour son travail admirable.